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Modèle de lettre pour réclamer l'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 €

Par LDJ
Publié le
14/4/2026
Modèle de lettre pour réclamer l'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € - Droit des affaires - LeDevisJuridique.fr

Qu'est-ce que l'indemnité forfaitaire de recouvrement ?

L'indemnité forfaitaire de recouvrement est une somme fixe que vous pouvez réclamer à un débiteur lorsque vous engagez des démarches pour obtenir le paiement d'une créance. Depuis le 1er janvier 2023, cette indemnité s'élève à 40 euros minimum pour toute créance impayée, conformément à l'article L. 131-3-1 du Code monétaire et financier.

Cette disposition s'applique aux créances professionnelles (entre entreprises) et peut également concerner certaines situations entre professionnels et particuliers. Elle vise à compenser les frais administratifs et de traitement que vous supportez pour relancer votre débiteur.

Important : cette indemnité n'est pas automatique. Vous devez en informer votre débiteur par écrit, généralement via une mise en demeure, et lui donner un délai pour s'exécuter.

Quand pouvez-vous réclamer l'indemnité forfaitaire de recouvrement ?

Vous pouvez réclamer cette indemnité dans trois contextes principaux :

  • Avant d'engager une action en justice : vous adressez une mise en demeure au débiteur pour qu'il paie sa dette plus l'indemnité forfaitaire.
  • Dans le cadre d'une procédure judiciaire : vous demandez au tribunal d'inclure cette indemnité dans sa condamnation.
  • Après une action en justice gagante : le créancier peut réclamer l'indemnité en plus des intérêts de retard.

Le montant de 40 euros s'applique à chaque créance impayée, même si elles proviennent d'un même client. Cependant, vous ne pouvez pas les cumuler indéfiniment : si vous envoyez plusieurs mises en demeure pour la même dette, l'indemnité ne s'ajoute qu'une seule fois.

Conditions essentielles pour réclamer l'indemnité

Avant d'envoyer votre mise en demeure, assurez-vous que les conditions suivantes sont réunies :

  • La créance est certaine, liquide et exigible : le montant exact est connu, il n'y a pas de contestation raisonnable, et le délai de paiement est dépassé.
  • Vous avez respecté les délais de paiement convenus : si vous aviez accordé un délai de 30 jours à compter de la facture et que le client n'a pas payé, vous pouvez agir.
  • Vous n'aviez pas déjà mis en demeure le même créancier pour cette même créance : une seule indemnité par créance.
  • La créance dépasse un seuil minimal : généralement, on n'engage pas une mise en demeure pour de petits montants, mais légalement rien n'interdit de le faire.

Mentions obligatoires de la mise en demeure

Votre lettre de mise en demeure doit contenir certaines mentions légales pour être valide et opposable au débiteur. En l'absence de ces éléments, le juge pourrait rejeter votre réclamation.

Informations obligatoires

  • Votre identité complète : nom, prénom, adresse, numéro SIRET si entreprise.
  • Identité du débiteur : nom, prénom, adresse exacte (ou dénomination sociale et siège pour une entreprise).
  • Date de la lettre : indispensable pour le calcul des délais.
  • Détail de la créance : numéro(s) de facture, date(s), montant exact, description du bien/service fourni.
  • Fondement légal : référence au contrat, à la facture ou à la condition de paiement convenue.
  • Montant total demandé : dette principale + indemnité forfaitaire de 40 euros + éventuels intérêts de retard.
  • Délai de paiement : vous devez laisser un délai raisonnable (entre 8 et 15 jours minimum).
  • Conséquences du non-paiement : indication que vous engagerez des poursuites judiciaires.

Modèle complet de mise en demeure

[Votre nom/Raison sociale]
[Votre adresse complète]
[Votre téléphone]
[Votre email]
[SIRET si entreprise]

[Ville], le [date du jour]

À l'attention de :

[Nom du débiteur ou raison sociale de l'entreprise]
[Adresse exacte]
[Code postal et ville]

MISE EN DEMEURE DE PAYER

Objet : Mise en demeure de payer la somme de [montant] euros en principal, augmentée de l'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros.

Madame, Monsieur,

Par la présente, je vous mets en demeure de payer immédiatement la somme de [montant en chiffres et en lettres] euros correspondant aux éléments détaillés ci-dessous.

Détail de la créance :

Facture(s) émise(s) le(s) [date(s)], portant le(s) numéro(s) [numéro(s) de facture], relative(s) à [description succincte : fourniture de marchandises, prestations de services, travaux réalisés, etc.], pour un montant total de [montant] euros TTC.

Malgré mes relances antérieures [le cas échéant : joindre copies des relances], cette facture demeure impayée à ce jour.

Fondement de cette mise en demeure :

Selon les conditions de paiement convenues [ajouter la condition : « à réception de facture », « 30 jours fin de mois », etc.], le délai de paiement a expiré depuis le [date]. Votre obligation de payer est donc devenue exigible.

En outre, conformément aux dispositions de l'article L. 131-3-1 du Code monétaire et financier, je vous réclame une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros, destinée à compenser les frais de traitement et de relance supportés.

Montant total réclamé :

[Montant principal] + 40 euros = [montant total] euros

Délai d'exécution :

Vous disposez d'un délai de 15 jours à compter de la réception de la présente lettre pour vous acquitter de cette obligation.

Mode de paiement accepté :

Virement bancaire sur le compte [IBAN], ou par chèque à mon adresse.

Conséquences du non-paiement :

À défaut de paiement à l'expiration du délai imparti, je vous avertis que j'engagerai sans délai une action en justice afin d'obtenir le recouvrement forcé de cette créance avec l'intégralité des intérêts de retard et des frais de procédure qui en découleront.

Je vous prie de confirmer la réception de cette mise en demeure et votre engagement de paiement dans les plus brefs délais.

Je reste à votre disposition pour discuter d'un possible arrangement.

Cordialement,

[Votre signature]
[Votre nom/Raison sociale]

Erreurs à éviter absolument

Même si votre droit est fondé, certaines erreurs peuvent invalider votre mise en demeure ou diminuer vos chances de succès devant un tribunal.

Erreurs formelles

  • Oublier la date : sans date, le délai n'est pas calculable et la mise en demeure peut être contestée.
  • Ne pas identifier correctement le débiteur : si vous écrivez au mauvais nom ou à la mauvaise adresse, la mise en demeure ne produira pas ses effets.
  • Omettre votre signature : une lettre non signée n'est pas authentifiée.
  • Inclure plusieurs créances sans les détailler séparément : chaque facture doit être mentionnée avec son numéro et sa date.

Erreurs juridiques

  • Réclamer l'indemnité sur une créance contestée : si le débiteur conteste la facture (mauvaise livraison, service non rendu), vous ne pouvez pas réclamer l'indemnité forfaitaire. Il faut d'abord trancher le litige.
  • Ne pas respecter le délai de paiement convenu : si vous n'aviez pas fixé de délai, le délai légal est de 30 jours fin de mois calendaire (article L. 441-6 du Code de commerce).
  • Réclamer l'indemnité sans avoir respecté un délai minimum : vous ne pouvez pas la réclamer si la facture vient à peine d'être émise.
  • Multiplier les indemnités forfaitaires pour une même créance : une seule indemnité de 40 euros par créance, même si vous envoyez plusieurs mises en demeure.

Erreurs de ton

  • Adopter un ton agressif ou menaçant : le juge appréciera votre attitude. Restez professionnel et courtois.
  • Faire pression psychologique excessive : éviter des formulations humiliantes ou intimidantes qui vous nuiraient devant le tribunal.
  • Inclure des accusations infondées : restez factuel et basez-vous sur des éléments vérifiables.

Envoi en lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR)

C'est l'une des questions les plus importantes : comment envoyer votre mise en demeure pour en avoir la preuve ?

Pourquoi envoyer en LRAR ?

L'envoi en lettre recommandée avec accusé de réception est fortement recommandé, voire obligatoire dans certains cas :

  • Preuve de réception : vous avez une trace officielle que le destinataire a reçu votre mise en demeure.
  • Preuve de la date : la Poste authentifie la date d'envoi et la date de réception.
  • En cas de litige : le juge accordera plus de poids à une LRAR qu'à un email ou une lettre simple.
  • Calcul des délais : le délai de paiement que vous avez mentionné commence à courir à partir de la date de réception.

Comment envoyer en LRAR

Rendez-vous à La Poste avec votre lettre complète, fermée et signée. Demandez un envoi en lettre recommandée avec accusé de réception. Vous recevrez :

  • Un numéro de suivi pour suivre le courrier en ligne.
  • Un avis de réception une fois que le destinataire aura signé la réception.
  • Une confirmation d'envoi conservez-la précieusement.

Coût : environ 3 à 5 euros selon le poids. C'est un investissement minime pour sécuriser votre démarche.

Alternative : mise en demeure par voie électronique

Depuis 2023, vous pouvez également envoyer une mise en demeure par email avec accusé de réception électronique, à condition que le destinataire ait accepté cette modalité de communication. Cependant, la LRAR reste la solution la plus sûre et reconnue par les tribunaux.

Les intérêts de retard en complément

L'indemnité forfaitaire de 40 euros s'ajoute à d'autres sommes que vous pouvez réclamer :

Les intérêts de retard

Selon l'article L. 441-6 du Code de commerce, tout retard de paiement génère automatiquement des intérêts de retard, même sans clause contractuelle. Le taux applicable est :

  • Pour 2026 : le taux d'intérêt légal est fixé par décret chaque année (il varie généralement entre 2 et 4 %).
  • Calcul : (montant de la facture × taux annuel) / 365 × nombre de jours de retard.

Exemple : une facture de 1 000 euros impayée depuis 30 jours avec un taux légal de 3 % génère environ 25 euros d'intérêts.

Les pénalités de retard

En plus des intérêts légaux, certains contrats prévoient des pénalités de retard (ou « clause pénale »). Si c'est votre cas, mentionnez-les dans votre mise en demeure.

Important : vous devez être prudent en réclamant intérêts et indemnité forfaitaire simultanément. Le tribunal peut estimer que l'indemnité forfaitaire intègre déjà une partie des frais et réduire l'une ou l'autre. Consultez un avocat si les sommes sont importantes.

Avant d'envoyer votre mise en demeure : checklist

  • ✓ Vérifiez que vous avez bien émis une facture régulière (date, montant, description).
  • ✓ Confirmez que le délai de paiement est passé (délai convenu ou 30 jours légaux).
  • ✓ Vérifiez que vous n'aviez pas déjà envoyé une mise en demeure pour cette même créance.
  • ✓ Vérifiez l'adresse exacte du débiteur (pour une entreprise, l'adresse du siège social ou de l'établissement).
  • ✓ Relisez votre lettre pour corriger les fautes d'orthographe et les imprécisions.
  • ✓ Signez la lettre de votre main ou insérez votre signature scannée.
  • ✓ Gardez une copie pour vos dossiers.
  • ✓ Préparez l'envoi en LRAR et conservez le numéro de suivi.
  • ✓ Notez la date limite de paiement mentionnée dans votre lettre (date de réception + 15 jours).

Que faire si le débiteur ne paie pas ?

Une fois le délai écoulé sans paiement, vous avez plusieurs options :

Relance amiable

Avant de saisir la justice, vous pouvez envoyer une seconde lettre (non obligatoire) rappelant votre mise en demeure et donnant un ultime délai de quelques jours. Cela montre votre bonne foi et facilite un règlement amiable.

Procédure judiciaire

Si le délai est dépassé :

  • Pour une créance inférieure à 5 000 euros : saisissez le tribunal judiciaire (anciennement tribunal de grande instance) pour une demande au fond.
  • Pour une créance entre 1 et 4 000 euros : vous pouvez aussi utiliser la procédure simplifiée (plus rapide).
  • Frais de justice : si vous gagnez, le jugement peut condamner le débiteur à payer les frais de procédure (dépôt de plainte, conseil juridique, etc.).

Si vous êtes dans cette situation complexe et que les montants sont importants, vous pouvez décrire votre cas sur LeDevisJuridique.fr pour recevoir des devis gratuits d'avocats spécialisés en recouvrement de créances. Ils vous conseilleront sur la meilleure stratégie.

Cas particuliers et nuances

Indemnité forfaitaire et petits montants

Techniquement, vous pouvez réclamer l'indemnité de 40 euros même sur une créance de 50 euros. Cependant, cela peut sembler disproportionné et un juge pourrait réduire l'indemnité. Restez raisonnable dans vos demandes.

Indemnité forfaitaire et relations durables

Si le débiteur est un client régulier et que ce retard est exceptionnel, vous pouvez choisir de ne pas réclamer l'indemnité forfaitaire pour préserver la relation commerciale. C'est un choix stratégique, pas une obligation.

Indemnité forfaitaire et contrats B2B

L'article L. 131-3-1 s'applique notamment aux créances commerciales entre entreprises. Pour les ventes B2C (entreprise vers consommateur), c'est plus nuancé. Vérifiez votre cadre juridique spécifique.

Exemple chiffré complet

Situation : vous êtes prestataire de services et avez effectué des travaux pour un client en décembre 2025. La facture de 2 500 euros HT (3 000 euros TTC) a été émise le 15 décembre 2025 avec un délai de paiement de 30 jours fin de mois. Nous sommes le 15 février 2026 et le paiement n'est toujours pas reçu.

Calcul des sommes dues :

  • Facture : 3 000 euros
  • Indemnité forfaitaire recouvrement : 40 euros
  • Intérêts de retard (3 000 € × 3 % / 365 × 62 jours) : environ 15 euros
  • Total à réclamer : 3 055 euros

Vous envoyez la mise en demeure le 15 février 2026 en LRAR, avec un délai de paiement de 15 jours. Le débiteur doit payer avant le 2 mars 2026.

Points clés à retenir

  • L'indemnité forfaitaire de recouvrement est de 40 euros minimum depuis janvier 2023.
  • Elle doit être expressément réclamée dans la mise en demeure.
  • La mise en demeure doit contenir vos coordonnées, celles du débiteur, le détail de la créance et le délai de paiement.
  • L'envoi en LRAR est fortement recommandé pour avoir une preuve irrévocable.
  • L'indemnité forfaitaire s'ajoute aux intérêts de retard et à la dette principale.
  • Elle ne peut être réclamée qu'une fois par créance, même en cas de relances multiples.
  • Vous pouvez la réclamer avant d'aller devant le juge, et le tribunal peut l'accorder même si le débiteur ne l'avait pas acceptée.

Si votre situation est complexe (montants élevés, contestation du débiteur, relations commerciales anciennes), n'hésitez pas à vous tourner vers un professionnel du droit pour une aide adaptée à votre cas.

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Questions fréquentes

Puis-je réclamer l'indemnité de 40 euros en plus des intérêts de retard ?

Oui, théoriquement vous pouvez les cumuler. Cependant, certains juges considèrent que l'indemnité forfaitaire intègre déjà une partie des frais de recouvrement et peuvent la réduire si elle est jugée excessive au regard des intérêts. En pratique, réclamez les deux, mais soyez préparé à une possible réduction par le juge.

Quel est le délai minimum à accorder au débiteur dans la mise en demeure ?

La loi ne fixe pas un minimum précis, mais la jurisprudence considère qu'un délai de 8 à 15 jours est raisonnable. Moins de 8 jours peut être jugé trop court et contraire aux usages commerciaux. Plus de 30 jours n'est pas pratique pour une action urgente.

Que se passe-t-il si j'oublie de mentionner l'indemnité forfaitaire dans ma première mise en demeure ?

Vous avez oublié une occasion, mais vous ne perdez pas votre droit. Vous pouvez envoyer une deuxième mise en demeure mentionnant l'indemnité forfaitaire. Cependant, envoyez une seule indemnité de 40 euros au total, pas 40 euros par lettre.

L'indemnité forfaitaire de 40 euros s'applique-t-elle aux créances personnelles entre particuliers ?

Non, elle s'applique principalement aux créances professionnelles (entreprises, professionnels libéraux). Entre particuliers, cette règle ne joue pas. Cependant, vous pouvez toujours réclamer les frais réels que vous avez supportés (frais de mise en demeure, frais de courrier) si vous les justifiez.

Combien de temps dois-je conserver la preuve d'envoi en LRAR de ma mise en demeure ?

Conservez-la au minimum 6 ans, car c'est le délai de prescription pour réclamer une créance commerciale. Si vous allez au tribunal, vous pourrez avoir besoin de cette preuve même plusieurs années après l'envoi.

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