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Automobile

Vice caché automobile : quels délais pour agir en justice et obtenir réparation ?

Par LDJ
Publié le
26/3/2026
Vice caché automobile : quels délais pour agir en justice et obtenir réparation ? - Litige automobile - LeDevisJuridique.fr

Qu'est-ce qu'un vice caché et pourquoi le délai est-il crucial ?

Un vice caché est un défaut non apparent au moment de l'achat d'un véhicule, qui rend le bien impropre à son usage habituel ou diminue sa valeur de manière importante. Il s'agit d'une garantie légale protégeant l'acheteur, qu'il s'agisse d'un particulier ou d'un professionnel acquérant un bien de consommation.

Contrairement à ce que beaucoup pensent, l'absence de garantie commerciale écrite ne supprime pas la garantie des vices cachés. Celle-ci est obligatoire et découle directement de la loi française. Cependant, vous disposez d'un délai limité pour agir, passé lequel vous perdez tous vos droits. C'est pourquoi comprendre cette question de délai et de prescription est absolument essentiel.

Les articles 1641 à 1649 du Code civil encadrent précisément cette garantie. Sans connaître ces règles, vous risquez de voir votre reclamation rejetée simplement parce que vous avez attendu trop longtemps avant d'agir.

Quels sont les délais légaux pour agir en cas de vice caché ?

Le délai pour agir dépend de votre statut et de la nature du vice. C'est un point crucial sur lequel beaucoup de particuliers se trompent.

Le délai de deux ans : la règle générale

Selon l'article 1648 du Code civil, le délai normal pour agir est de deux ans à compter de la découverte du vice. Ce point mérite une clarification importante : le délai ne court pas à partir de l'achat du véhicule, mais à partir du moment où vous avez découvert (ou auriez dû découvrir) le défaut.

Prenons un exemple concret : vous achetez une voiture d'occasion le 15 mars 2023. En mai 2023, le moteur présente une panne sérieuse due à un problème d'étanchéité du bloc moteur qui existait avant la vente. Vous n'aviez aucun moyen de le détecter à la simple visite. Le délai de deux ans court à partir de la découverte en mai 2023, soit jusqu'au 15 mai 2025. Si vous agissez le 10 mai 2025, vous êtes dans les délais. Si vous agissez le 20 mai 2025, vous êtes hors délai et votre action sera irrecevable.

Ce délai s'applique pour la grande majorité des cas et concerne aussi bien les ventes entre particuliers que les ventes chez les professionnels (concessionnaires, garages).

Le délai de six ans pour les ventes entre non-professionnels

Depuis la loi AGEC de 2020, il existe une exception importante. Lorsque le vice caché concerne un bien meuble (comme une voiture) et que la vente a lieu entre deux non-professionnels (particulier à particulier), le délai est porté à six ans à partir de la découverte du vice, selon l'article 1648-1 du Code civil.

Illustration : Vous achetez une voiture à un ami en juillet 2022. En septembre 2022, vous découvrez que la transmission est défectueuse. Vous avez jusqu'en septembre 2028 pour agir en justice. Ce délai plus long offre une protection supplémentaire aux particuliers achetant entre eux.

Attention cependant : cette exception ne s'applique que si le vendeur n'est vraiment pas un professionnel. Si le particulier vend régulièrement des voitures, il pourrait être requalifié en professionnel par les tribunaux.

Délai de huit jours pour signaler le vice

Il existe également un délai très court et souvent méconnu : huit jours à partir de la livraison du véhicule pour signaler au vendeur un vice apparent ou facilement découvrable (article 1648 alinéa 2 du Code civil). Ce délai extrêmement court s'applique pour les défauts visibles ou aisément détectables.

Par exemple, si le vendeur ne mentionne pas que la climatisation ne fonctionne pas, et que vous le découvrez une semaine après la vente, vous devez signaler ce défaut dans ces huit jours. Passé ce délai, vous perdez le droit de contester le vice si vous aviez la possibilité de le découvrir facilement.

Concrètement, il est crucial de faire inspecter le véhicule par un mécanicien dans les jours suivant l'achat, ou au minimum d'effectuer soi-même tous les tests basiques (éclairage, climatisation, système audio, etc.).

Comment s'applique la prescription en matière de vice caché automobile ?

La notion de prescription est intimement liée à celle de délai. La prescription est l'écoulement d'un délai qui éteint un droit d'action. Si vous ne respectez pas les délais mentionnés ci-dessus, votre droit d'agir est prescrit, c'est-à-dire qu'il disparaît.

Le point de départ de la prescription

Le point de départ crucial est la découverte du vice, non pas l'achat du véhicule. Cette distinction est fondamentale et source de nombreuses erreurs.

Article 1648 du Code civil : « Le délai pour former une action en garantie pour vice caché est de deux ans à dater de la découverte du vice ».

Cela signifie que si vous avez acheté une voiture en janvier 2022, mais que vous découvrez un vice grave seulement en novembre 2024, vous avez jusqu'en novembre 2026 pour agir. Le véhicule peut avoir trois ans d'ancienneté, peu importe : ce qui compte est quand le défaut a été détecté.

Cependant, les tribunaux ne font pas crédit à l'inactivité injustifiée. Si vous découvrez un défaut et attendez plusieurs mois avant d'agir sans raison sérieuse, le juge peut considérer que vous avez implicitement accepté le vice. C'est ce qu'on appelle la renonciation implicite.

La preuve de la découverte du vice

Un point pratique très important : vous devez être capable de prouver quand vous avez découvert le vice. Cette preuve incombe à l'acheteur. Il est donc essentiel de :

  • Conserver tous les reçus et factures de réparation mentionnant le vice
  • Garder la correspondance (mails, SMS, lettres) montrant quand vous avez signalé le problème
  • Demander à un garagiste un diagnostic écrit avec date si vous suspectez un vice
  • Si possible, constituer une trace documentée de la date de découverte

En cas de litige, un rapport d'expertise judiciaire peut établir l'ancienneté du vice et aider à déterminer la date probable de sa manifestation.

Quelles sont les conditions pour que le vice soit garantissable ?

Tous les défauts ne constituent pas un vice caché garantissable. La jurisprudence a établi plusieurs conditions, développées notamment par les articles 1641 à 1649 du Code civil.

Le vice doit être antérieur à la vente

Le vice doit obligatoirement exister avant la livraison du véhicule. Si un problème survient après, même quelques jours après l'achat, il relève de la garantie applicable (garantie légale de conformité ou garantie commerciale), mais pas de la garantie des vices cachés.

Exemple : vous achetez une voiture le 1er avril. Le 5 avril, vous vous faites rentrer dedans et le moteur subit des dégâts. Ce n'est pas un vice caché puisque le défaut s'est créé après la vente. En revanche, si le moteur cale le 5 avril en raison d'un défaut de pièce qui préexistait, c'est un vice caché.

Cette distinction peut donner lieu à des litiges sur le moment exact de l'apparition du problème. C'est pourquoi une expertise technique est souvent nécessaire pour établir que le vice existait bien à la date de vente.

Le vice doit être caché, donc non apparent

Un vice apparent, que l'acheteur pouvait découvrir par un examen normal et raisonnable du véhicule, ne bénéficie pas de la garantie légale (article 1641 du Code civil). Cette notion d'apparence dépend de la situation concrète.

Illustration : Une rayure visible sur la carrosserie n'est pas un vice caché. Une usure anormale des pneus visible à l'œil nu ne l'est pas non plus. En revanche, un problème d'électronique de moteur qui ne se manifeste que lors d'une utilisation intensive est caché.

En cas de doute sur le caractère apparent ou caché d'un vice, c'est souvent le juge qui tranche, en se plaçant dans la peau d'un acheteur raisonnablement diligent.

Le vice doit rendre le bien impropre à son usage ou diminuer notablement sa valeur

Selon l'article 1641 du Code civil, le vice ne bénéficie de la garantie que s'il « rend le bien impropre à l'usage auquel on le destine, ou s'il y diminue tellement l'usage qu'un acheteur prudent ne l'aurait pas acheté ».

Cela signifie que le défaut doit être significatif. Un petit problème mineur ne justifiera pas une action en justice. Il faut qu'il affecte réellement la sécurité, la fiabilité ou la valeur du véhicule.

Exemples concrets :

  • Vices garantissables : moteur défectueux, boîte de vitesses HS, système de freinage défaillant, structure de la carrosserie rouillée, électronique moteur en panne, direction défectueuse
  • Vices probablement non garantissables : petit grattage de peinture, petit défaut cosmétique, usure légère des plaquettes de frein, climatisation un peu moins froide que prévu

Quels recours pouvez-vous exercer dans le délai imparti ?

Une fois que vous avez établi l'existence d'un vice caché dans les délais requis, vous disposez de plusieurs options de recours.

Demander la résolution de la vente (la restitution du véhicule)

C'est souvent le recours privilégié par les acheteurs. L'article 1644 du Code civil vous permet de demander l'annulation pure et simple de la vente. Vous rendez la voiture au vendeur, et celui-ci vous restitue le prix d'achat en intégralité.

Exemple chiffré : vous avez acheté une voiture 8 000 euros. Six mois après, vous découvrez que le moteur est irréparable (coût de réparation : 3 500 euros). Vous pouvez demander la résolution de la vente. Le vendeur doit vous rembourser les 8 000 euros complets, et vous lui restituez la voiture (même endommagée).

En pratique, c'est une option populaire car elle ne vous laisse pas avec un problème à gérer.

Demander une réduction du prix de vente (la réduction proportionnelle)

Selon l'article 1644 du Code civil, vous pouvez également demander une diminution du prix plutôt qu'une restitution complète. Vous conservez le véhicule mais recevez un remboursement partiel correspondant à la dépréciation causée par le vice.

Exemple concret : vous avez acheté une voiture 10 000 euros. Le moteur présente un défaut qui coûte 2 000 euros à réparer. Vous négociez avec le vendeur et acceptez une réduction de 2 500 euros (qui couvre la réparation plus une part du coût du défaut caché). Vous conservez la voiture réparée et recevez 2 500 euros de remboursement.

Le montant de la réduction dépend de :

  • La valeur du véhicule au moment de la vente
  • Le coût estimé de la réparation
  • La diminution de valeur marchande causée par le vice
  • Les négociations entre les parties

En cas de désaccord, le juge fixe le montant de la réduction. Il considère généralement que le prix doit être réduit proportionnellement au rapport entre la valeur du vice et la valeur totale du bien.

Demander des dommages-intérêts (compensation financière supplémentaire)

Au-delà de la résolution ou de la réduction, vous pouvez demander des dommages-intérêts pour les préjudices supplémentaires subis : frais de location d'un véhicule de remplacement pendant les réparations, frais d'expertise, frais de justice, pertes de jouissance, etc.

Pour obtenir ces dommages-intérêts, il faut prouver que le vendeur a commis une faute (dol) en cachant volontairement le vice, ou qu'il a été négligent en ne le signalant pas. Si c'est une vente entre particuliers sans indication frauduleuse, les dommages-intérêts sont plus difficiles à obtenir mais restent possibles en cas de mauvaise foi flagrante.

Comment fonctionne la procédure pour agir en cas de vice caché ?

Concrètement, si vous souhaitez faire valoir vos droits, voici les étapes à suivre :

Étape 1 : Documenter le vice et sa date de découverte

Faites établir un diagnostic technique par un garagiste indépendant. Demandez un rapport écrit avec la date et détaillant le défaut. Conservez tous les documents relatifs au véhicule et à sa découverte du vice.

Étape 2 : Contacter le vendeur par écrit

Envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception exposant :

  • La nature du vice découvert
  • La date de sa découverte
  • Les preuves (rapports d'expertise, factures)
  • Votre demande précise (résolution, réduction, dommages-intérêts)
  • Un délai raisonnable pour répondre (15 jours minimum)

Cette étape est importante pour créer une trace écrite et peut suffire à régler le différend à l'amiable.

Étape 3 : Tentative de conciliation

Si le vendeur refuse ou ne répond pas, vous pouvez proposer une médiation ou une conciliation. Certains organismes proposent des services de médiation gratuits ou peu coûteux.

Étape 4 : Saisir la justice

Si aucun accord n'est trouvé, vous devez saisir un tribunal. Le choix dépend du montant :

  • Tribunal judiciaire (ex-TGI) : pour les montants supérieurs à 10 000 euros ou si doutes sur la compétence
  • Tribunal de proximité ou de commerce : pour les montants inférieurs

Vous pouvez vous présenter seul ou être représenté par un avocat (fortement recommandé pour les montants importants).

Étape 5 : Expertise judiciaire

Le juge ordonne généralement une expertise technique pour établir l'existence et l'ancienneté du vice. Un expert automobile examine le véhicule et rend un rapport détaillé. Cette expertise a un coût (entre 1 000 et 3 000 euros en moyenne), généralement supporté initialement par la partie qui perd le procès.

Vice caché voiture : quels délais selon que le vendeur est un professionnel ou un particulier ?

Il existe des différences importantes selon que vous achetez chez un professionnel ou à un particulier.

Achat chez un professionnel (concessionnaire, garage)

Lorsque vous achetez une voiture d'occasion chez un professionnel (concessionnaire, garage, plateforme spécialisée), vous bénéficiez de deux garanties :

  • Garantie légale de conformité : 2 ans à compter de la livraison (Code de la consommation, article L. 217-7)
  • Garantie des vices cachés : 2 ans à compter de la découverte du vice (Code civil, article 1648)

Chez un professionnel, vous pouvez cumuler les deux recours, ce qui vous offre une protection maximale. De plus, vous bénéficiez de la responsabilité du professionnel : il ne peut pas invoquer qu'il ne connaissait pas le vice, car il a une obligation de connaître l'état du bien qu'il vend.

Montant type d'une réclamation chez un professionnel : si vous découvrez un vice grave dans les 2 ans, le concessionnaire doit assumer le coût de la réparation ou proposer une réduction/restitution.

Achat à un particulier

Entre particuliers, la protection est théoriquement moins robuste, mais elle existe quand même :

  • Garantie des vices cachés : 2 ans à compter de la découverte du vice (sauf exception : 6 ans pour les biens meubles entre non-professionnels depuis 2020)
  • Pas de garantie légale de conformité (elle ne s'applique qu'aux professionnels)

Attention : entre particuliers, le vendeur peut déclarer vendre « en l'état » ou « sans garantie ». Cela N'ÉLIMINE PAS la garantie des vices cachés, qui est impérative. Le vendeur ne peut pas validement renoncer à cette obligation légale, même par écrit.

En revanche, entre particuliers, il est plus difficile d'obtenir des dommages-intérêts supplémentaires si le vendeur ne savait pas qu'il y avait un vice.

Les délais pratiques : quand faut-il réellement agir ?

Bien que vous ayez techniquement 2 ans (ou 6 ans dans certains cas) pour agir, il est prudent de :

  • Faire inspecter le véhicule dans les 8 jours pour les vices apparents
  • Signaler tout vice découvert rapidement au vendeur par écrit
  • Entamer une action judiciaire dans l'année suivant la découverte si le vendeur refuse de coopérer (les preuves et témoignages sont plus frais)
  • Ne jamais attendre plus de 6 mois avant de contacter un professionnel si vous suspectez un vice (pour un achat à un particulier)

Pourquoi ? Parce que même si la loi vous donne jusqu'à 2 ans, plus vous attendez, plus :

  • Le vice devient difficile à dater
  • Les témoins disparaissent
  • Le vendeur peut invoquer votre acceptation implicite du défaut
  • Les traces du vice peuvent s'effacer

Quels sont les frais et les coûts associés à une action en vice caché ?

Il est important de connaître les coûts possibles avant d'engager une action.

Frais d'expertise technique

Un diagnostic chez un garagiste indépendant coûte entre 50 et 300 euros selon la complexité. Si vous allez en justice, une expertise judiciaire coûte entre 1 000 et 4 000 euros en moyenne. Ces frais sont généralement supportés par le perdant.

Frais d'avocat

Si vous vous faites représenter par un avocat :

  • Consultation simple : 50 à 150 euros
  • Mise en demeure : 200 à 500 euros
  • Procédure devant tribunal : 500 à 2 000 euros selon l'enjeu et la complexité (certains avocats proposent un forfait ou des tarifs réduits pour les petits montants)

Beaucoup de cabinets proposent une première consultation gratuite.

Frais de justice (droits d'enregistrement)

Vous devez vous acquitter de droits de saisine du tribunal, qui varient selon le montant du litige (généralement entre 30 et 100 euros pour un petit montant).

Recouvrement des frais en cas de gain

Si vous gagnez votre procès, le juge peut condamner le vendeur à vous rembourser :

  • Vos frais d'avocat (tout ou partie)
  • Les frais d'expertise
  • Les dépens de justice

Cela ne couvre généralement pas la totalité de vos frais, mais cela peut en réduire considérablement le poids.

Les erreurs courantes à éviter

Pour maximiser vos chances de succès, voici les pièges à éviter :

  • Attendre trop longtemps pour agir : plus vous attendez, plus faible devient votre position. Agissez dans les premiers mois.
  • Ne pas documenter la date de découverte : sans preuve écrite de quand vous avez découvert le vice, le juge ne vous croira pas sur parole.
  • Donner des documents au vendeur avant expertise : ne montrez votre jeu que progressivement. Une mise en demeure avant expertise peut le mettre en garde.
  • Accepter implicitement le vice : continuer à utiliser le véhicule très longtemps après la découverte du problème peut être interprété comme une acceptation du défaut.
  • Négliger d'obtenir un diagnostic écrit : c'est votre meilleure preuve. Demandez toujours un rapport papier/PDF datée d'un garagiste indépendant.
  • Oublier de garder tous les reçus et factures : ils constituent votre dossier de preuve.
  • Conclure un accord verbal avec le vendeur : tout accord doit être écrit pour éviter les contestations ultérieures.

Faut-il obligatoirement passer par un avocat ?

Ce n'est pas obligatoire pour les petits montants (tribunal de proximité), mais fortement recommandé pour les montants importants. Un avocat vous aide à :

  • Structurer votre dossier de preuve
  • Évaluer correctement vos chances de succès
  • Rédiger une mise en demeure persuasive
  • Négocier un règlement amiable
  • Vous représenter en justice
  • Réduire les erreurs procédurales

Sur LeDevisJuridique.fr, vous pouvez être mis en relation avec des avocats spécialisés en droit automobile qui pourront évaluer votre situation gratuitement lors d'une première consultation.

Cas pratiques concrets pour mieux comprendre

Cas 1 : Achat à un particulier, moteur défectueux découvert 5 mois après

Vous achetez une Peugeot 308 à un particulier pour 7 000 euros en janvier 2024. En juin 2024, le moteur cale régulièrement et une expertise révèle un problème d'injecteur existant avant la vente. Coût de réparation : 1 200 euros.

Situation juridique : Vous êtes dans les délais (moins de 2 ans depuis la découverte). Le vice est caché (non apparent au moment de l'achat) et rend le véhicule impropre à son usage normal.

Options :

  1. Résolution : vous restituez la voiture, vendeur vous rembourse 7 000 euros
  2. Réduction : vous gardez la voiture réparée, négociez une réduction de 1 500 euros (réparation + préjudice)
  3. Dommages-intérêts : difficile entre particuliers sauf dol prouvé

Cas 2 : Achat chez un concessionnaire, problème électronique découvert 18 mois après

Vous achetez une Renault Clio chez un concessionnaire pour 12 000 euros en septembre 2023. En mars 2025, le système électronique du moteur tombe en panne (coût : 2 800 euros).

Situation juridique : Vous êtes dans les délais (2 ans depuis la découverte). Le concessionnaire a une obligation de connaître l'état du véhicule.

Options :

  1. Garantie légale de conformité : le concessionnaire doit réparer gratuitement (il reste 6 mois d'ici le délai de 2 ans)
  2. Vice caché : vous pouvez obtenir une réduction de 2 800 euros minimum + dommages-intérêts (expertise, location véhicule de remplacement, etc.)

Chez un professionnel, vous cumulez les protections et êtes beaucoup mieux armé.

Cas 3 : Rouille du châssis découverte 14 mois après l'achat

Vous achetez une voiture à un particulier. 14 mois après, une visite de contrôle technique révèle une rouille structurelle grave du châssis, non visible avant (elle était sous le dessous du véhicule).

Situation juridique : Vous êtes dans les délais (2 ans depuis la découverte, ou potentiellement 6 ans si la loi applicable l'autorise). Le vice existait clairement avant la vente.

Démarches : Mettez en demeure écrite le vendeur avec rapport d'expert technique. Proposez une résolution ou une réduction significative (la rouille diminue énormément la valeur d'une voiture).

Coûts potentiels : Réparation de rouille : 3 000 à 8 000 euros selon la gravité. Vous pouvez demander l'annulation complète si la rouille est irréparable.

FAQ - Questions fréquemment posées sur le délai de vice caché automobile

Peut-on vendre une voiture « en l'état » ou « sans garantie » pour échapper à la garantie des vices cachés ?

Non. La garantie des vices cachés (articles 1641 à 1649 du Code civil) est impérative. Les clauses contractuelles qui tentent de l'éliminer sont nulles. Un vendeur ne peut pas validement stipuler « vendu en l'état, sans aucune garantie ». Cette clause n'aurait aucune valeur légale. En revanche, un vendeur peut limiter sa responsabilité en cas de dol (tromperie intentionnelle), mais cette limitation ne s'applique qu'en cas de mauvaise foi caractérisée.

Le délai de 2 ans compte-t-il à partir de l'achat ou de la découverte du vice ?

Absolument à partir de la découverte du vice, non pas de l'achat. C'est un point capital. Un véhicule acheté il y a 3 ans peut toujours bénéficier d'une action en vice caché si le défaut n'a été découvert que depuis 6 mois. Le délai de 2 ans est donc généralement beaucoup plus long en pratique qu'il n'y paraît.

Comment prouver la date de découverte du vice ?

Vous devez en apporter la preuve par tous les moyens : facture du garagiste, mail au vendeur datée, SMS mentionnant le problème, rapport d'expertise, témoins. Les tribunaux sont assez compréhensifs sur ce point, mais vous devez avoir quelque chose d'écrit avec une date. Ne comptez pas sur votre seule parole. C'est pourquoi il est crucial de documenter tout problème découvert.

Peut-on cumuler vice caché et garantie légale de conformité ?

Oui, en particulier chez les professionnels. La garantie légale de conformité (2 ans depuis l'achat) et la garantie des vices cachés (2 ans depuis la découverte) sont complémentaires. Vous pouvez invoquer l'une ou l'autre, celle qui vous avantage le plus. Par exemple, si vous découvrez un vice après 1 an et 11 mois, la garantie légale de conformité s'applique encore (2 ans depuis l'achat), ce qui est mieux qu'une action en vice caché (qui débuterait son décompte à partir de la découverte).

Que se passe-t-il si le vendeur refuse catégoriquement de reconnaître le vice ?

Vous devez saisir la justice. Une expertise judiciaire sera ordonnée par le juge. L'expert automobile examine le véhicule et détermine l'existence et l'ancienneté du vice. Ce rapport a une très grande valeur probante. Si l'expertise confirme votre allégation, le juge vous donnera raison. Attention : si l'expertise invalide vos prétentions, vous risquez de devoir supporter les frais d'expertise (ce qui les rend chers, mais une expertise solide vaut mieux qu'une incertitude).

Un diagnostic chez un garagiste non agréé a-t-il une valeur légale ?

Oui, mais avec réserve. Un rapport d'un garagiste indépendant a une valeur, mais un garagiste reconnu par l'automobile ou agrément aura plus de crédibilité auprès des juges. En cas de litige, le juge peut ordonner une contre-expertise. Idéalement, obtenez un diagnostic chez un garagiste de bonne réputation et conservez tous les documents.

Puis-je agir en vice caché si j'ai continué à utiliser la voiture après la découverte du vice ?

Techniquement oui, mais c'est un problème majeur. Continuer à utiliser intensément le véhicule pendant plusieurs mois après la découverte d'un vice grave peut être interprété par les juges comme une acceptation implicite du défaut. Cela réduit vos chances de succès. Dès que vous découvrez un vice, signalez-le écrite au vendeur, utilisez le véhicule au minimum et entamez rapidement les démarches. Cette diligence renforce votre position.

Conclusion : agir vite et avec méthode

La garantie des vices cachés offre une protection vraie et importante aux acheteurs de véhicules d'occasion. Cependant, cette protection est conditionnée par le respect de délais stricts. Deux ans depuis la découverte du vice (voire six ans entre particuliers pour les biens meubles), cela peut paraître long, mais en pratique, il faut agir rapidement.

Les points-clés à retenir :

  • Le délai crucial est 2 ans depuis la découverte du vice, pas 2 ans depuis l'achat
  • Un délai de 8 jours pour signaler un vice apparent
  • La garantie des vices cachés existe toujours, même si le vendeur dit « sans garantie »
  • Documentez tout : diagnostic, date de découverte, correspondances avec le vendeur
  • Les recours possibles : résolution (annulation), réduction du prix, dommages-intérêts
  • Chez un professionnel, vous êtes mieux protégé que chez un particulier
  • Ne cherchez pas à régler seul si le vendeur refuse : la justice peut vous aider

Si vous avez découvert un vice caché sur votre véhicule et hésitez sur vos droits ou délais, consultez rapidement un avocat spécialisé. Sur LeDevisJuridique.fr, vous pouvez obtenir des devis et être mis en relation avec des professionnels du droit automobile qui vous guideront à travers cette procédure complexe, souvent gratuitement lors d'une première consultation.

N'attendez pas : plus vous agissez tôt, plus votre dossier sera solide. Les délais légaux peuvent sembler longs, mais ils s'écoulent vite une fois que vous avez découvert un problème.

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